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On aura l'hiver avant les autres est un concentré d'imaginaire présenté sous forme d'expression graphique et littéraire. Vous y trouverez mes coups de coeurs et mes projets d'écriture.
Tout le visuel a été réalisé par stArk, également chroniqueur sur ce blog.

Douces rêveries,
-sTraTe- | http://onauralhiver.net


Le piège

La maison était en fait une grande villa à flan de montagne avec vue sur mer. Je vérifie l’adresse, mais je dois me rendre à l’évidence, c’est bien ici. Je sonne à la porte, un colosse d’une cinquantaine d’année m’ouvre avec une mine renfrogné. Il prend quelques secondes pour m’observer, mon allure ne le déride pas.
- Vous êtes l’ami de Caroline ?
- Oui monsieur.
- Je suis le général R. mais vous pouvez m’appeler monsieur, je ne suis pas en service.
- Oui monsieur
- Je crois qu’elle vous attend.
Il pousse un soupir non feint et d’une voix de ténor appelle Caroline. La fille arrive en courant et se jette dans mes bras dans un excès de joie mal contrôlée. Je manque de me rétamer et la repose rapidement sur ses pieds.
« C’est génial que tu sois venu, je suis contente ! »
Elle me prend la main et m’entraine dans la maison. Dans la cuisine elle me présente sa mère qui me sourie chaleureusement. Elle parle très vite et me laisse à peine placer quelques syllabes entre ses questions en rafale. Elle m’amène ensuite à ma chambre de vacances. Alors qu’elle s’agite dans mon dos, je regarde un moment par la fenêtre admirant cette terre où montagne et mer ne font qu’un. Le soleil du soir scintille sur l’eau limpide de la baie.
- C’est magnifique…
- Oui, et là-bas c’est Ajaccio me dit-elle. Viens, on va diner.
Je la suis sur la terrasse baignée des derniers rayons. Son général de père m’indique ma place, en bout de table, face à lui. L’ambiance est tendue, on badine sur la région, le temps, on aborde tous les sujets des gens qui n’ont rien à se dire.
A cours de nouveauté j’accueille la fin du diner avec soulagement. Mais, alors que je tente une esquive, le général me cueille au vol.
« Venez ! On va discuter. On va laisser les femmes débarrasser la table. »
Je lance un regard interrogateur à Caroline qui fait mine de rien. Elle savait depuis le début et ne m’a rien dit, va falloir qu’elle s’explique sous peu. Il m’entraîne dans le salon, sert deux verre d’alcool fort, m’en tend un, j’accepte. Commence alors l’interrogatoire du prétendant. Origines, niveau d’étude, opinion et politique, tout y passe. Je ne me démonte pas j’abonde dans son sens quand il faut, je justifie et développe dans les moments tendus. Il aussi lisible qu'un encrier, je fais de mon mieux pour faire bonne figure.
Je sors lessiver. Je rejoins Caroline, j’ai plus le cœur à lui demander des explications, demain est un autre jour et la journée à bien été assez longue comme ça.

L'éloge paradoxal

Pour ne pas choquer je vous donne la conclusion tout de suite. L'éloge paradoxal traite du suicide chez les adolescents et donne mon point de vu sur le geste de ceux qui, malgré une situation d'apparente facilité de vie, choisissent de se donner la mort. Personnes sensibles peut être s'abstenir...

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Hent'an Kêrgrenouille

Assis sur mon rocher je meurs de froid. Transits, mes muscles sont raides et je commence à trembler. Mais je reste, hypnotisé par ce va et viens de la mer frappant le sable dans un battement régulier. La musique de l’eau me berce aussi envoutante et dangereuse que le chant d’une sirène.
Les derniers rayons de soleil se fondent dans l’horizon limpide de la mer. Je me lève enfin tirants sur mes muscles endoloris. La journée n’aura pas été productive mais, après tout, tant pis. Passer une heure devant une page blanche fait aussi parti du travail d’écrivain aussi frustrant soit-il.
Je traîne des pieds sur le chemin côtier. Un jour j’écrirai la beauté de ces lieux, le mystère de ces paysages. Mais quoi dire qui n’ait pas déjà été écrit ? Quels mots pour décrire ce qu’est la Bretagne ? C’est peine perdue, jamais un adjectif ne pourra résumer de son sens ce qu’elle représente.
Il commence à pleuvoir, j’allonge le pas, sors les clés de ma voiture mais je passe à coté sans m’arrêter. Je rabats ma capuche, remets mon trousseau dans ma poche. Marcher jusqu’à la maison ne me fera pas de mal. Je m’engage dans un chemin au jugé de mon itinéraire. Ici, même la pluie à goût de sel. Je marche, patauge dans quelques flaques. Je ne pense à rien, vidé de tout, les lumières du jour font place à celles de la nuit. Je crois que je suis perdu mais qu’importe mon chemin n’est autre que celui qui est devant moi.
Les écoulements du ciel s’estompent. La lune perce les nuages et son reflet argenté se pose sur la terre. Je m’assoie au bord d’une falaise, les pieds dans le vide et le nez en l’air. Les étoiles s’allument au fur et à mesure que les nuages disparaissent.
« Qu’est ce que tu fais là ? Me dis une voix dans mon dos.
Sans prendre la peine de me retourner je lui réponds,
- Je regarde les étoiles, j’ai l’impression de ne jamais les avoir vues avant. Là d’où je viens il y a tant de lumières, de lampadaires et de pollution qu’on ne sait même pas qu’elles existent. Et toi qu’est ce que tu fais ici ?
- Je crois que je me suis perdue…
Elle s’assoit à côté de moi. Je la regarde, elle ne doit pas avoir plus de seize ou dix-sept ans. Ses longs cheveux dégoulinent et elle sert contre elle son gros manteau humide.
- Fugue ?
- Non !!! Dit-elle presque choquée de ma remarque.
- Il faut dire qu’une jeune fille toute seule sous la pluie c’est pas courant.
- Et toi ? Tu y es bien tout seul sous pluie !
Je soupire à sa remarque, j’aurai beau lui expliquer que pour moi c’est différent au final c’est vrai que je suis tout seul sous la pluie comme un con. Il vaut mieux briser la glace rapidement.
- Je m’appelle -sTraTe- et toi ?
- Heu… Bret !
- C’est pas un nom ça Bret !
- Et tu crois que -sTraTe- c’est un nom ?
- Non mais c’est pas ça, c’est que… re-soupir, bon ok ! Enchanté de te connaître Bret.
- Heureuse aussi me dit-elle avec le sourire de celle qui vient de marquer son premier point dans un jeu dont j’ignore encore les règles.
- Si tu veux, on ne doit pas être trop loin de la maison que j’habite actuellement. Je peux t’y emmener et tu pourras appeler de là-bas, j’ai laissé mon téléphone dans la voiture.
Elle hoche la tête et nous partons en direction de la petite maison louée pour mes vacances. La nuit, bien que fraiche, est claire et agréable, rapidement je retrouve la bonne direction. En chemin, je lui explique ce que je fais dans ce coin paumé, lui raconte quelques passages de mon livre à naître. Elle me pose des questions, s’intéresse.
Arrivé à la maison je lui donne une serviette et l’invite à s’installer devant le poil que je ravive. Je lui propose un thé, mais quand je reviens de la cuisine, ma casserole d’eau bouillante à la main, je la trouve profondément endormie, allongée dans le canapé. Sans bruit, je pose le téléphone sans fil sur la table basse accompagné d’un « n’hésite pas l’utiliser » griffonné sur un morceau papier.
Au matin, je trouvai le canapé vide, sous mon mot quelqu’un avait rajouté un discret «merci pour tout ». Le téléphone n’avait pas bougé.


Bretagne


On y retourne ?

Prétentieux ? Oui, et alors ?

Les geeks ont pris le pouvoir, sont devenus plus bobo que les branchés et plus parisiens que les natifs. Mais à force de tirer ça a fini par marcher, le monde est devenu à notre image et plus rien ne nous excite.
Nous étions des bloggeurs, nous avons suscité l'envie aujourd'hui ma grand-mère a un blog sur worldpress.
Nous étions à l'avant-garde de la technologie, nous avons créé le besoin, aujourd'hui mon garagiste à un iphone
Nous avions des mac, nous avons créé la démarcation aujourd'hui nous avons un vista en boot natif sur nos machines.
Nous sortions dans les vrais restaurants japonais, nous avons créé le goût des saveurs, aujourd'hui je croise mon banquier rue Saint Anne.
Nous regardions le cinéma de genre, nous avons aimé le divertissement infantilisant, aujourd'hui Sam Raimi est devenu la valeur sure de Hollywood.
Nous buvions dans les bars de nos quartiers, nous en avons fait nos QG de rencontre, aujourd'hui nous y rencontrons les stars télés qui ont désertés Bastille.
Nous faisions de la photo, nous avons plébiscité l'image, aujourd'hui le dernier réflex s'affiche sur les murs de la capitale au même titre qu'un baril de lessive.
Nous vivions dans un rêve isolé, nous avons imposé notre style, aujourd'hui c'est devenu la vie à Paris et nous sommes orphelins de notre marginalité.

Des nouvelles du monde réel

Je sors quelques minutes de ma no-lifitude (comprenez j'ai acheté un nouveau PC et un nouveau jeu en réseau) pour vous annoncer que je serai, pour la première fois de ma vie entière (et peut être la dernière) en dédicace pour mon livre "On aura l'hiver avant les autres" a la fête du livre à Tours le dimanche 15 juin entre 10h30 et 18h00 Place Foire-le-Roi. En espérant vous y voir nombreux !!!

Le livre On aura l\'hiver avant les autres


"Son meilleur premier livre !"
Ma mère

Free c'est libre

Après avoir écrit une première fois à free leur demandant gentillement de prendre en compte mon ancienneté (malgré mon déménagement) pour le changement de mon matériel et qu'ils m'aient envoyé, après un mois d'attente, un courrier "préformaté" et sans réponse à ma question, je me vois dans l'obligation de passer à la vitesse supérieure.

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Classitude

"Comme je suis un mec sympa, le matin, je ne les embrasse pas sur la bouche. C'est pour elles que je fais ça, pour pas qu'elles s'attachent"

Georges Abitbole... ou pas

Dans la peau

J'ai longtemps hésité à mettre un chapeau introductif à ce texte qui n'a gagné le droit à son existence que si l'on ne s'en excuse pas. Je pense, toutefois, que malgré sa courte longueur (NDA : J'adore !) il est assez rude. Ceux qui auront aimé les livres "fight club" et "I am a legend" à leur juste valeur apprécieront, je l'espère, car ce texte est, avant tout, pour eux.

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Les yeux du rêve

Marcher sur ces planchers qui ont vu tant de pieds se poser sur leur verni me rend euphorique. Suis-je le seul à m’imaginer marchant dans les pas d’un samouraï ?
Tout proche de moi, un enfant marche la tête haute la main posée à sa ceinture, prêt à dégainer son katana imaginaire. Ses parents discutent, sans lui prêter d’attention. A ma vue il fronce les sourcils, se tourne vers ses parents avant de reporter son intérêt sur moi. Je sais ce qui le trouble. Habituellement, dans ce genre de situation, je ne m’éternise pas, mais là, perdu dans ce pays inconnu j’ai instant de faiblesse. L’enfant se fait plus grave et je deviens l’ennemi qui a foulé sa terre et je dois le payer.
Il tire son sabre de son fourreau et se met en garde, je n’ai plus d'autre choix que celui de me défendre. Le bruit sourd du premier choc des lames se frappant l’une l’autre m’assomme presque. Je recule sous l’impact. L’enfant lance son katana vers moi, je suis obligé d’enchainer les esquives pour éviter qu’il ne me découpe en morceaux. Inhabitué aux costumes locaux, je m’empêtre plusieurs fois dans mon kimono, ça m’apprendra à vouloir jouer sur un terrain qui n’est pas le mien.
Je profite d’une attaque plus faible pour le repousser d’un coup de pied assez lâchement asséné. L’enfant perd un instant l’équilibre, juste assez, pour me permettre de lancer une de mes bille aveuglante. Il se protège les yeux, je lui tourne le dos et d’un saut grimpe sur le toit de la paillote. Je suis dorénavant hors de sa portée. Je m’enfouis retournant dans le monde lissé des adultes le laissant seul dans ses rêves d’enfants.

La roulotte

Ce n'est pas forcément le miracle de la littérature contemporaine mais ça fait quand même du bien de se dire qu'on est encore capable d'aligner quelques phrases. Je me suis rassuré, maintenant il va falloir se remettre sérieusement au travail !

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En attendant l'hiver

J’aimerai proposer des choses intéressantes pour les jours à venir. Non que je n’ai pas quelques vieilleries qui traine dans des coins obscures de mon disque dur mais là il faut que je m’y remette sérieusement. La sortie du livre date maintenant de quatre mois et depuis, ben pas grand chose de créatif. Il faut dire que le matérialisme à quelques peu remplacé mes élans artistiques. Bref, moins j’écris plus j’éprouve de difficultés à m’y mettre et plus je perds en qualité d’écriture. Je ne dis pas ça pour me faire plaindre mais j’y vois la première étape à franchir pour la ré-accession à mon niveau perdu qui coule comme de l’eau qu’on essaye de retenir avec ses mains.

Pour les dernières nouvelles j’ai intégré une petite communauté d’auteurs autoproduits qui m’ont donné des pistes à suivre pour le développement de « On aura l’hiver avant les autres », j’attends donc des réponses qui j’espère arriveront… un jour.

Enfin, pour cause de maltraitance par des robots spammeurs, j’ai été contraint de fermer les commentaires en attendant que la vague passe. Ceci devrait avoir pour effet immédiat l’arrêt des plantages de ces derniers jours. Et si vous voulez vraiment commenter n'hésiter à m'envoyer un mail mon adresse est dans la colonne de droite.

Disparition

Suite à déménagement imminent je sors du net pour environ un mois. Au plaisir de vous retrouver début mars mai.

Livre

Je profite de ce début d'année cette pause de ma vie online pour faire ma petite promo et gagner le plein de frics sur votre dos (je suis machiavélique) ! Vous pouvez donc, dés à présent, vous approprier mon livre pour la somme de 9 euros par exemplaire, dont 45 cts sont reversés aux écrivains anonymes qui aimeraient bien boire plus d'alcool mais qui n'ont pas assez d'argent pour se le payer.
La première moitié du livre est consacrée aux récits anecdotiques publiés sur ce blog (un peu retouchés et surtout corrigé) et la deuxième moitié aux Chroniques du Beuret agrémentées d'une troisième partie inédite et publiée pour l'occasion.

En espérant qu'il vous procurera autant de plaisir à le lire que j'ai eu à l'écrire.


Le livre On aura l\'hiver avant les autres

Ceci n'est pas (encore) un retour

"Je ne sors qu'avec des connes car les filles intelligentes intellectualisent la baise."

Guillaume Lombard