Le piège
Par sTraTe, mercredi 27 août 2008 à 23:14 :: Récits anecdotiques
- Vous êtes l’ami de Caroline ?
- Oui monsieur.
- Je suis le général R. mais vous pouvez m’appeler monsieur, je ne suis pas en service.
- Oui monsieur
- Je crois qu’elle vous attend.
Il pousse un soupir non feint et d’une voix de ténor appelle Caroline. La fille arrive en courant et se jette dans mes bras dans un excès de joie mal contrôlée. Je manque de me rétamer et la repose rapidement sur ses pieds.
« C’est génial que tu sois venu, je suis contente ! »
Elle me prend la main et m’entraine dans la maison. Dans la cuisine elle me présente sa mère qui me sourie chaleureusement. Elle parle très vite et me laisse à peine placer quelques syllabes entre ses questions en rafale. Elle m’amène ensuite à ma chambre de vacances. Alors qu’elle s’agite dans mon dos, je regarde un moment par la fenêtre admirant cette terre où montagne et mer ne font qu’un. Le soleil du soir scintille sur l’eau limpide de la baie.
- C’est magnifique…
- Oui, et là -bas c’est Ajaccio me dit-elle. Viens, on va diner.
Je la suis sur la terrasse baignée des derniers rayons. Son général de père m’indique ma place, en bout de table, face à lui. L’ambiance est tendue, on badine sur la région, le temps, on aborde tous les sujets des gens qui n’ont rien à se dire.
A cours de nouveauté j’accueille la fin du diner avec soulagement. Mais, alors que je tente une esquive, le général me cueille au vol.
« Venez ! On va discuter. On va laisser les femmes débarrasser la table. »
Je lance un regard interrogateur à Caroline qui fait mine de rien. Elle savait depuis le début et ne m’a rien dit, va falloir qu’elle s’explique sous peu. Il m’entraîne dans le salon, sert deux verre d’alcool fort, m’en tend un, j’accepte. Commence alors l’interrogatoire du prétendant. Origines, niveau d’étude, opinion et politique, tout y passe. Je ne me démonte pas j’abonde dans son sens quand il faut, je justifie et développe dans les moments tendus. Il aussi lisible qu'un encrier, je fais de mon mieux pour faire bonne figure.
Je sors lessiver. Je rejoins Caroline, j’ai plus le cœur à lui demander des explications, demain est un autre jour et la journée à bien été assez longue comme ça.



