Insomnies
Par Guillaume B., mardi 31 mars 2009 à 03:53 :: Les carnets de Guillaume B. :: #278 :: rss
J'aimerais avoir un balcon et contempler la ville vivre sans moi. En silence, écouter les ronronnements monter au rythme de mes exhalations de fumée. Prendre mon temps, me calmer. Avoir les idées claires, deviner au loin la cité reprendre vie sans y prêter attention. Percer du regard le ciel nocturne et attendre le matin. Taper ma cendre et la voir voler vers le sol.
Je l'imagine, mais j'ai oublié cette sensation. J'ai oublié s'il faisait froid, si les couleurs me plaisaient. Je ne fantasme ce spectacle que parce qu'il m'est interdit. Je n'ai pas de balcon, à peine une fenêtre. La nuit est là et je tourne sur l'oreiller.
Sur le moment cela semblait une bonne idée :
Moment d'inattention, pris un second café.
Un peu d'amertume, un moment à partager.
Je revis la scène et m'écoute te parler.
J'écoute, je sens, lis dans tes yeux. Laisse moi t'aider avec le poids sur tes épaules, en prendre une part s'il le faut. C'est pas si mal, ce que je raconte. Ça me travaille, ça me perturbe, j'ai mal de te voir comme ça.
J'aimerais savoir dire, savoir que tu me crois.
Tu m'as sorti du pire, accepte au moins mon bras.
C'est absurde et idiot de te laisser ces mots :
Tu ne les liras pas, pour d'autres ça sera sot.
Sans balcon pour y penser, je tourne sans fin entre mes draps. Je cherche le moyen pour que tu vois tout ce qui est beau chez toi. Et si certains ne le sentent pas, tant pis pour eux ; tant mieux pour moi ! De la cendre sur l'oreiller, ça doit être le café.



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