Le(/La) manga (au Japon manga est féminin) pour garçon (shonen) répond à des codes, toujours identiques. Je me suis amusé à les reproduire pour écrire cette intro originale d'un manga qui n'existe pas. Je ne suis pas sûr d'en faire une suite mais en cas de panne d'inspiration j'aurai toujours ça à me mettre sous la dent.

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Les ombres étaient toujours à sa poursuite, elle avait su leur échapper en se cachant mais rien ne les arrête et le temps de la fuite avait repris. Le dernier combat qu’elle avait livré contre ses poursuivants l’avait laissée sans force. Elle tenait à peine debout, le voile noir emplissait ses yeux, la lutte était veine et elle s’effondra, inconsciente.

Le voile l’a prie, entoura son esprit sans défense et l’entraina dans son monde désolation. Le voile ne connait ni temps ni ordre. Comme plongée entre deux miroirs qui se font face elle revit à l’infinie la mort de sa mère, la destruction de ce qu’elle avait aimé, de ce qu’elle avait été. Le sens des choses lui échappait, filait entre ses doigts immatériels. Si les ombres n’avaient pas eu raison d’elle en revanche le voile se chargeait de briser chaque fragment de son âme.

Elle résista à la furie du voile, mit toute ses forces dans ce combat perdu d’avance mais la fin approchait inexorablement. Au moment où tout semblait perdu, l’improbable se produisit, le voile se déchira. La lumière pénétra le chaos et l’éblouie comme un soleil d’été. Le voile se dispersa petit à petit. Dans la lumière, elle cru apercevoir la silhouette d’un ange, une épée à son côté ou bien était ce son esprit malmené qui lui jouait des tours ? Elle arrêta de lutter et se laissa porter par la douce chaleur qui la ramenait avec délicatesse.

Quand elle ouvrit les yeux elle était allongée dans un lit, les rayons de la lune lui baignaient le visage. D’abord emplit d’une innocente plénitude d’un calme retrouvé, elle fut saisit par la peur. D’un mouvement elle jeta la couverture sur le coté et se mit debout. La tête lui tournait, elle ne connaissait pas ce lieu, ne savait pas comment elle était arrivée là. Elle était dans une chambre, le lit avait était mis le long du mur, il y avait un bureau avec une chaise et un coin avec une télévision posée sur un meuble. Avec la plus grande discrétion, elle se dirigea vers la fenêtre. Elle était au premier étage d’un petit pavillon sans cachet. La rue semblait calme, elle pourrait toujours s’enfuir par là.

Alors qu’elle ouvrait la fenêtre elle entendit du bruit venant de la porte opposé. Elle se précipitât et se plaqua contre le mur derrière la porte. Elle entendit quelqu’un entrer. Avec toute la maîtrise de ses années d’entrainement, elle se glissa dans son dos le saisit au cou et lui plaqua la main sur la bouche. L’inconnu sursauta et lâchât ce qu’il avait dans les mains s’en suivi un bruit de casse.

- Si tu tentes quoi que se soit je te brise la nuque comme du petit bois, c’est bien compris ? Lui dit-elle.

L’inconnu secoua vigoureusement la tête d’avant en arrière pour montrer qu’il avait comprit.

- Bien, continua-t-elle. Je vais maintenant retirer doucement ma main pour que tu puisses répondre à mes questions. Si jamais tu essayes d’alerter tes amis je n’hésiterai pas une seconde.

Alliant le geste à la parole, elle ôta la main de la bouche du malheureux.

- Qui es tu et pour qui travailles-tu ?

- Je m’appelle Erwan répondit, l’inconnu d’une voix juvénile. Je ne comprends pas ce que vous racontez.

Pour la première fois, elle se rendit compte que l’homme qu’elle tenait n’avait rien d’un gardien de prison et qu’il était plutôt frêle. Elle desserra son emprise et le poussa vigoureusement sur le lit.

Erwan était un jeune garçon, il avait quinze ou seize ans au maximum et semblait complètement apeuré. Elle restait sur ses gardes, les feintes n’étaient pas dans les habitudes des ombres mais elle avait trop déjoué les pièges de la mort pour ne pas rester attentive.

- Comment suis-je arrivé ici ? Demanda-t-elle.

- Je t’ai trouvé dans le jardin, tu étais inconsciente. J’ai d’abord cru que étais morte, je ne savais pas quoi faire alors je t’ai porté jusqu’ici. C’est tout ce que je sais, ne me fait pas de mal je t’en prie. Répondit-il en se recroquevillant sur le lit.

Elle soupira en regardant le jeune garçon et commença à se détendre.

- Ca va, je ne te veux pas de mal, je veux juste sortir d’ici et tu ne me reverras plus. Tu es tout seul ici ?

- Oui, ma mère est morte quand j’étais tout jeune et mon père travaille à l’étranger il m’envoie de l’argent mais je vis seul dans cette maison. Erwan restait méfiant et ne quittait pas la fille des yeux mais commençait à retrouver un peu d’assurance. Tu es resté dans les vapes un moment. Tu es sûr que ca va aller ? Tu peux appeler tes parents si tu veux.

Etonné par le regain de confiance d’Erwan ses yeux se posèrent sur ce qu’elle avait d’abord prit pour une photo et qui était en fait un miroir. Elle ouvrit de grands yeux et porta la main à son visage et son reflet sur le mur fit de même. Elle avait l’allure d’une jeune fille. Son expérience dans le voile l’avait rajeuni ou bien était-ce autre chose ? Elle n’en savait rien mais quel qu’en soit la cause, elle avait retrouvé l’apparence de la jeune fille qu’elle était à quinze ans. Elle s’approcha du miroir, se rendit compte que ses habits étaient devenu trop grand pour elle.

- Ho, ho ! Ca va ? Lui demanda Erwan en secouant la main.

- Oui, je crois que… oui. Lui répondit-elle.

- Tu sais, je ne sais pas si c’est prudent de partir toute seule maintenant. Tu ne veux pas appeler, tes parents doivent s’inquiéter, ils pourront venir te chercher ?

- Non je ne crois pas, répondit-elle avec ironie sans quitter son reflet des yeux.

- Ah ! Je vois, tu as fugué ou un truc comme ça ? Tu peux rester un peu ici, si tu veux, j’ai largement de quoi te loger, la maison est grande et je suis tout seul. Mon père ne revient presque jamais. Tu as peut être faim ou soif ?

Sans attendre qu’elle réponde Erwan se leva du lit et commença à ramasser le plateau qu’il avait fait tombé et les morceaux de verre cassés. Elle le regarda faire un moment et le suivit jusqu’à la cuisine.

- Je suis désolé pour tes verres. J’ai cru que…

- Ne t’inquiète pas pour ça, je suis assez maladroit et ce n’est pas les premiers que je casse. Répondit Erwan. Assied toi, je vais te préparer quelque chose à manger. Comment t’appelles-tu ?

- Anna répondit elle en s’asseyant.

- Et tu viens d’où ?

- Je viens de… Elle regarda Erwan, avec de grands yeux. Elle fouillait sa mémoire mais n’y trouva qu’un grand mur blanc. Elle se souvenait des ombres, du voile, de la lumière et de l’ange mais avait oubliée tout le reste. Ses souvenirs étaient bloqués derrière ce mur, qui était-elle ?