Histoire sans morale - Partie 2
Par sTraTe, mercredi 29 juillet 2009 à 12:36 :: Récits anecdotiques :: #287 :: rss
Judith commençait juste à se calmer quand elle regarda autour d’elle. Il ne pouvait pas l’aider ce grand con de Marc au lieu de la laisser se ridiculiser en public ? Si il l’avait aidé à descendre sa valise plutôt que de la regarder galérer on en serait pas là.
Il n’avait pourtant pas toujours été comme ça. Au début de leur relation il aurait joué les chevaliers servant pour l’impressionner. Il aurait traîné sa valise, se serait surement déboité l’épaule. Elle l’aurait soigné. Elle avait d’ailleurs toujours été là pour lui, même ces dernières années elle continuait à faire des efforts, entretenait leur intérieur, l’écoutait se plaindre sans raison de l’injustice du monde qui l’entourait.
Marc était un rêveur, c’était d’ailleurs ce qui l’avait séduit. Il était maladroit et donnait cette impression qu’il avait un corps trop grand pour la vision qu’il en avait. Il se cognait régulièrement, laissait échapper des objets et renversait systématiquement tout récipient contenant du liquide. Mais il avait de l’imagination et savait la faire voyager quand il parlait de s’installer sur une ile déserte ou sur le toit d’une montagne. Marc était capable de s’enflammer comme un feu de pailles, lui qui n’avait jamais dormi sous une tente se prenait pour aventurier. C’était mignon, presque enfantin.
Mais quand elle, pour une fois, avait besoin de lui, il s’était arrangé pour disparaître. Il ne devait pourtant pas être loin. Elle était juste sortie de la rame. Elle prit son téléphone portable, fit quelques pas, s’aperçue qu’elle boitait, elle tomba sur le répondeur, elle enleva sa deuxième chaussure, elle marchait droit.
Elle était perdue, sans vraiment s’en rendre compte elle se mit à trottiner, d’abord par petites foulées entre deux pas puis accéléra jusqu'à courir. Elle parcouru les couloirs de la station de métro prenant au hasard des croisements, les ombres des gens filaient autour d’elle. Son cœur martelait son corps d’un rythme sourd et douloureux, ses poumons étaient en feu. La rage fit place à la détresse puis à la peur, elle s’effondra, hoqueta, elle n’avait pas la force de se relever. Les gens passait autour d’elle sans la voir, elle pleura, son corps se mit à trembler.
Dans les histoires, les filles tombent inconscientes échappant ainsi à l’horreur du monde se désagrégeant sous leurs yeux. Dans la réalité on souffre, on agonise, on se perd, on sent son âme se déchirer et se reformer mille fois. Le cerveau ne déconnecte pas, on reste mortellement conscient de ce qui nous entoure, on voit les gens qui passent et font semblant de ne pas regarder.
Elle repensa à sa valise laissée sur le quai, ses petites chaussures achetées la semaine précédente qu’on risquait de lui voler. Avec toute la dignité qu’elle pu rassembler, elle se leva, ses jambes tremblaient encore. Elle essuya ses larmes d’un revers de sa manche.
Elle essaya encore une dernière fois, d’appeler Marc, elle voulait comprendre. Qu’avait-il à lui reprocher ? Répondeur, elle ne prit pas la peine de laisser un message qu’il n’écouterait pas.
Cette question allait la hanter pour le restant de ses jours. Il l’avait détruit, par orgueil, par peur ou par lâcheté. Quelque chose en elle s’était brisé, la confiance qu’elle avait gagnée à ses côtés venait de voler en éclat comme une vitre sous l’effet de la chaleur. Elle se jura que plus jamais un homme ne la ferait souffrir.
Il n’avait pourtant pas toujours été comme ça. Au début de leur relation il aurait joué les chevaliers servant pour l’impressionner. Il aurait traîné sa valise, se serait surement déboité l’épaule. Elle l’aurait soigné. Elle avait d’ailleurs toujours été là pour lui, même ces dernières années elle continuait à faire des efforts, entretenait leur intérieur, l’écoutait se plaindre sans raison de l’injustice du monde qui l’entourait.
Marc était un rêveur, c’était d’ailleurs ce qui l’avait séduit. Il était maladroit et donnait cette impression qu’il avait un corps trop grand pour la vision qu’il en avait. Il se cognait régulièrement, laissait échapper des objets et renversait systématiquement tout récipient contenant du liquide. Mais il avait de l’imagination et savait la faire voyager quand il parlait de s’installer sur une ile déserte ou sur le toit d’une montagne. Marc était capable de s’enflammer comme un feu de pailles, lui qui n’avait jamais dormi sous une tente se prenait pour aventurier. C’était mignon, presque enfantin.
Mais quand elle, pour une fois, avait besoin de lui, il s’était arrangé pour disparaître. Il ne devait pourtant pas être loin. Elle était juste sortie de la rame. Elle prit son téléphone portable, fit quelques pas, s’aperçue qu’elle boitait, elle tomba sur le répondeur, elle enleva sa deuxième chaussure, elle marchait droit.
Elle était perdue, sans vraiment s’en rendre compte elle se mit à trottiner, d’abord par petites foulées entre deux pas puis accéléra jusqu'à courir. Elle parcouru les couloirs de la station de métro prenant au hasard des croisements, les ombres des gens filaient autour d’elle. Son cœur martelait son corps d’un rythme sourd et douloureux, ses poumons étaient en feu. La rage fit place à la détresse puis à la peur, elle s’effondra, hoqueta, elle n’avait pas la force de se relever. Les gens passait autour d’elle sans la voir, elle pleura, son corps se mit à trembler.
Dans les histoires, les filles tombent inconscientes échappant ainsi à l’horreur du monde se désagrégeant sous leurs yeux. Dans la réalité on souffre, on agonise, on se perd, on sent son âme se déchirer et se reformer mille fois. Le cerveau ne déconnecte pas, on reste mortellement conscient de ce qui nous entoure, on voit les gens qui passent et font semblant de ne pas regarder.
Elle repensa à sa valise laissée sur le quai, ses petites chaussures achetées la semaine précédente qu’on risquait de lui voler. Avec toute la dignité qu’elle pu rassembler, elle se leva, ses jambes tremblaient encore. Elle essuya ses larmes d’un revers de sa manche.
Elle essaya encore une dernière fois, d’appeler Marc, elle voulait comprendre. Qu’avait-il à lui reprocher ? Répondeur, elle ne prit pas la peine de laisser un message qu’il n’écouterait pas.
Cette question allait la hanter pour le restant de ses jours. Il l’avait détruit, par orgueil, par peur ou par lâcheté. Quelque chose en elle s’était brisé, la confiance qu’elle avait gagnée à ses côtés venait de voler en éclat comme une vitre sous l’effet de la chaleur. Elle se jura que plus jamais un homme ne la ferait souffrir.



Commentaires
1. Le jeudi 30 juillet 2009 à 07:01, par Babeth
2. Le samedi 1 août 2009 à 21:42, par Tom La Meche
3. Le lundi 3 août 2009 à 12:26, par -sTraTe-
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