Je n’ai jamais appris à pleurer. Je marche dans la rue au milieu de ces inconnues. Je pars, m’enfuies sans but, le temps coule comme du goudron et m’enlise. Je voudrais mourir, disparaître à jamais que rien n’existe, que plus rien ne soit. A quoi rime cette vie ? Un amas de particules perdu au milieu de l’univers. Même cette bonne vieille terre n’est rien, un grain de sable d’une plage sans fin.

Il commence à pleuvoir, c’est un beau sale temps, je continue, j’avance tout droit attendant le mur qui n’arrive pas. Mourir foudroyé, j'ai déjà l'esprit grillé, il ne me reste que ce corps que je déteste à détruire.

Je suis mal. Seul ou avec mes amis, debout, assis, je suis mal. Couché c’est pire encore, je ne dors pas je regarde le plafond, le détaille, j’en connais ses moindres fissures. C’était moi qui l’avait repeint, ça me semble pourtant pas si lointain.

Mais les plafonds, les rues, la pluie, les planètes et l’univers ça me fout en l’air et bouillonnent dans le fond de mon chagrin. Les épreuves, la vie aussi. Mon cerveau en étoffe décousue. Je tire sur le fil, ça ne casse pas, le tissu disparaît en un fil unique qui tombe sur le sol en un petit monticule chaotique. Je veux hurler, ça ne sert à rien, me résigne, encore. J’ai peur, putain que j’ai peur. Je tremble, tombe à genoux, ça déborde ; enfin, je pleure.