La
même petite ville rurale, mais collège et année différent. Mes occupations sont collectives, plus on est de cons plus on rit et toutes les nouveautés sont bonnes à prendre. On déchire nos jeans, on vole des clopes aux parents pour se rouler des pétards et on pille les caves pour commencer notre grande croisade contre nos neurones. On parle fort, on cri, on se grandit, tous dans le même but : Plaire. Plaire à soi-même, plaire aux autres mais surtout : plaire aux filles.
Les cheveux longs sales dans le vent, bientôt garnis de dreadlocks, je me savais regardé. Je plaisais et j'aimais ça. Je me souviendrais toujours d'une certaine Marie qui avait écrit sur ses Pumas mon nom et prénom, respectivement sur la tranche de ses semelles droite et gauche. C'est grisant de savoir que la nana qu'on a en face de soi donnerait presque tout pour un simple geste de ta part. Et aprés, forcément, on en abuse... Jamais méchant, simplement con.
On grandit. Les filles se succèdent mais ne se ressembles pas. Longues relations, brèves histoires, les moments de solitudes sont rares. Puis bon, il y a les potes, on est jamais vraiment seul. Mais quoi qu'il arrive, c'est à elle de se déplacer, de venir à moi. Les mauvaises habitudes font qu'on attend toujours, on autorise.
Et puis arrive la belle vie, la fac et la grande ville qui va avec. Fraichement célibataire, on reste dans le vieilles habitudes. Mais ce n'est plus la même donne. Ici je ne suis personne, personne ne me vénère, les gens s'en foutent de qui je suis ou d'où je viens. J'ai plus mes amis, partis eux aussi pour d'autres horizons. Moins on est de cons moins on rit. Alors il faut retrouver un feeling, tenter de plaire en apportant de nouvelles choses, la sincérité par exemple, mais à mon stade c'était repartir de zéro.
La marque de la gifle commence à s'estomper bien plus tard. Entre temps, de sombres histoires, difficiles ou peu glorieuses. Ce genre d'histoires qu'on embellit toujours quand on revoit les potes. Toujours à dire qu'on est le bourreau, jamais la victime. Que c'est mieux comme ça, ça laisse plus de temps pour boire des bières pénards. Mais une fois seul devant la fameuse bouteille, il n'y a pas que l'alcool qui vous attaque. Quand soudaint on rencontre La fille, et on s'accroche. On finit par sauter du train en marche quelques années plus tard comprenant que rien n'a été fait dans l'ordre, que tout se casse la gueule, tout est ni fait ni a faire.
Aujourd'hui, je suis un amalgame de mon passé. J'ai retrouvé mon assurance d'antan, mais je garde les relations difficiles. Dans mes dernières relations, j'étais la touche d'impertinence que ces dames offraient à leurs vies. Leur raison ne pouvait accepter que cela devienne sérieux, préférant garder une main tendue vers leurs gentils garçons qu'elles préfèrent tant.