Je sais je suis en retard. Ca fait des semaines que je n’ai rien livré et que je ne fais rien pour enrayer ça. Je pourrai arguer d’un manque de temps mais aux vues des heures passées sur ma DS se serait mal venu. C’est juste que je n’ai rien à dire ni sur le fond, ni sur la forme et que je préfère me la fermer plutôt que de produire médiocre.
Ca va surement paraître ridicule mais je viens aussi de finir mon dernier notebook et en recommencer un me pose toujours des problèmes, déprimant de voir cet ensemble de pages blanches hachurées de petits carreaux, presque intimidant même.
Et puis il y a cette obligation de se ressourcer. Soyons clair, en matière d’écriture, de récits, d’histoires, tout a déjà été dit. On ne sera plus jamais des précurseurs. Aujourd’hui, notre rôle d’auteur est, plus que jamais, celui d’interprète. Nous réécrivons avec notre sensibilité, notre passif et nos travers des histoires que d’autres ont imaginés ou, plus vraisemblablement, déjà repiqué. Certains s’en sortent bien et savent y insuffler suffisamment d’originalité pour accrocher le public comme Dan Brown ou Rowling. D’autres comme Xavière Tiberi ou Thierry Ardisson ont un peu plus de mal et confondent volontiers interprétation et recopie.
Mais, dans tous les cas, cela nécessite de la culture (ou une bonne bibliothèque dans le cas Tiberi), des références et des référents. On ne créé pas à partir de rien. Je rejoins d’ailleurs sur ce point Boulet qui disait que (
attention à partir de ce point sujet hautement polémique mômans sensibles s’abstenir), contrairement à l’idée reçue, les enfants n’avaient pas d’imagination (je vous retrouverai bien sa note sur le sujet mais son site est, à l’heure où j’écris ces lignes, inaccessible) car ils manquaient d’expériences. Un enfant ne fait que recopier plus ou moins maladroitement ce qu’il connaît déjà. Sa façon d’appréhender cette réalité des choses peut être différente de celle d’un adulte et c’est ça qui fait fondre (oh, c’est trop mignon !) les mamans et leur fait imaginer qu’en chacun de leur rejeton un génie artistique sommeille. Mais, pas de panique, un retour à la normale s’opère naturellement au moment de l’adolescence où elles s’aperçoivent, après une longue et douloureuse désillusion, que leur enfant n’est finalement qu’un incapable anonyme de plus dans la grande chaine de l’humanité.
Partant donc du constat qu’il n’y a donc pas de créativité spontanée et que j’ai naturellement du mal à consolider et créer en même temps (c’est génétique) ; je suis obligé de faire des pauses dans mon écriture pour lire, voir des films, des reportages, faire ou regarder des photos, aller a des expos… Bref, me cultiver !
En attendant vous pouvez toujours me lire sur
Bullshit Police, projet initié par l’excellent
Coon que je ne saurai trop vous recommander (en attendant mon retour).
Merci encore de votre fidèlité,
-sTraTe-